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La culture japonaise nous emballe avec l’origata

Décembre, c’est aussi le mois des cadeaux au Japon. Le « seibo » est le cadeau de fin d’année. Si nous offrons pour faire plaisir, au Japon, les choses sont bien plus compliquées : l’emballage reflète le lien entre le donneur et le destinataire. Plus le cadeau est formel, plus son emballage comptera de couches. L’origata est la technique de pliage du papier d’emballage ; elle a 700 ans.

L’art de l’emballage
Les Japonais excellent dans l’art de l’emballage, et ce depuis le 14e siècle. Qu’il s’agisse de leur façon de s’habiller, de l’agencement de leurs maisons ou de l’emballage d’un cadeau, c’est tout simplement inscrit dans leur culture. La présentation prime sur le contenu et est jugée : elle est approuvée ou rejetée.

Ainsi, le destinataire d’un paquet peut juger le donneur sur l’attention qu’il a portée à son emballage. Quel respect, quelle gratitude montre-t-il ? Comment le papier est-il plié, combien de rubans ou de cordes l’entourent-ils, avec quels nœuds ont-ils été attachés ? Tout a une signification. Les personnes familiarisées avec cette culture particulière de l’emballage savent déjà, rien qu’en voyant un paquet, ce qu’il contient.

Avec un soin maternel
Offrir un cadeau revêt donc, au Japon, une dimension supplémentaire. Le cadeau, la manière dont il est présenté et la personne qui l’offre sont indissociables les uns des autres. La présentation concerne aussi bien l’emballage du cadeau que la personne qui l’offre : comment est-elle habillée lorsqu’elle offre le paquet ? Si on prête attention au caractère du mot japonais pour « emballage » - « tsutsumu » -, on perçoit immédiatement la connotation émotionnelle : il vient du pictogramme d’un utérus abritant un fœtus. Tout ce soin sert donc à « habiller » le cadeau.

Du privilège au supermarché
Il existe environ 2 000 origatas différents. S’ils étaient, à l’origine, essentiellement utilisés dans les rituels d’offrande du shintoïsme, la religion primitive japonaise, ils sont ensuite plutôt devenus synonymes de privilège à la cour impériale et celle du shogun, l’autocrate militaire. C’est à Tadasuke Ogasawara, le 32e directeur de l’école du même nom, que l’on doit la démocratisation de cette technique. L’école existe encore, mais la formation n’est plus suivie que par peu de personnes.

Aujourd’hui, la plupart des Japonais achètent des origatas tout faits au supermarché, et même cela se perd chez la jeunesse, dont le regard est essentiellement tourné vers l’Occident. Chez nous, au contraire, la fascination pour ce magnifique art oriental de l’emballage est en plein essor.

Newsletter Toyota : Origata est la technique japonaise de pliage du papier (ou tissu) d’emballage, modiste Lydie Valcke nous explique.

East meets West
Quelqu’un a superbement mis en images cette symbiose entre Orient et Occident : il s’agit de la modiste et styliste courtraisienne Lydie Valcke dans son livre « The Art of Wrapping ». « Je ne voulais pas faire un livre technique, mais plutôt un livre d’inspiration, avec des haïkus (poèmes japonais) d’Ivo Pauwels, illustrés par des photos en noir et blanc. J’ai ainsi pu travailler avec les ombres, ce qui est très important pour les Japonais. Les ombres forment un joli prolongement des objets. »

Dans son livre, elle distingue le papier kraft, une sorte de papier solide à la structure poreuse et grossière, surtout utilisé pour emballer des formes droites, le washi ou papier de riz, pratique pour les bouteilles par exemple, et le furoshiki, le tissu d’emballage. « On choisit souvent de la soie, mais aussi du coton imprimé batik. Cette technique asiatique d’impression sur tissu est très utilisée au Japon en raison de la symbolique de la décoration ainsi créée. »

Newsletter Toyota : Origata est la technique japonaise de pliage du papier (ou tissu) d’emballage, modiste Lydie Valcke nous explique.

Un beau gaspillage
Je vous entends déjà penser : toutes ces couches d’emballage superflues, n’est-ce pas du gaspillage ? La prise de conscience écologique fait aussi son chemin au Japon depuis quelques années. C’est pourquoi on voit progresser la mode du furoshiki, tissu d’emballage multifonctionnel et réutilisable. La boucle est ainsi bouclée.

« Ces tissus carrés étaient fréquemment utilisés dans le temps où les Japonais prenaient encore des bains communs. Ils ôtaient leur kimono sale et le mettaient dans leur « drap de bain », la signification littérale de furoshiki. Ce drap de bain était boutonné, puis on passait un bâton en dessous et on laissait ainsi le paquet sécher sur son épaule en rentrant chez soi après le bain. Une technique simple, mais très intéressante, car on pouvait garder le tissu. »

Le furoshiki fait de plus en plus son apparition dans les rues japonaises, comme alternative au sac plastique ou comme foulard.

Newsletter Toyota : Origata est la technique japonaise de pliage du papier (ou tissu) d’emballage, modiste Lydie Valcke nous explique.

Un art oublié
Cette année, Lydie Valcke a ouvert un nouveau magasin avec une galerie dans la Koningin Astridhuis classée, située Lekkerbeetstraat à Courtrai. Elle crée, depuis des années, des vêtements et accessoires, tels que des chapeaux et des bijoux en lin recyclé. « J’ai besoin de créer. Je ne peux pas faire autrement. La conception est inscrite dans mes gènes. » Dans sa boutique, elle vend non seulement ses propres créations, mais donne également leur chance à de jeunes talents grâce à sa galerie. Lydie a voyagé dans le monde, en s’en inspirant à chaque fois pour une nouvelle création.

C’est par hasard qu’elle a découvert l’art japonais de l’emballage. « Pendant les périodes de fêtes, les commerçants me demandent souvent de venir emballer des cadeaux. Il y a une vingtaine d’années, un client a fait une comparaison avec l’origata. Il ne m’en a pas fallu davantage pour vouloir en découvrir tout l’art. »

« J’ai beaucoup appris par des livres de l’ambassade japonaise à Bruxelles, mais j’ai aussi voyagé au Japon pour être réellement initiée. Le Japonais moderne, quant à lui, est davantage tourné vers l’Occident. C’est ainsi que la culture du cadeau se perd petit à petit. » 

Un double cadeau
Mais c’est sans compter sur Lydie. Dans sa nouvelle boutique, elle dispensera dès l’année prochaine des cours d’emballage à la japonaise. « J’en esquisserai l’histoire avant de passer à la pratique, mais nous ne serons jamais sur la même longueur d’ondes que les Japonais. Pour nous, il s’agira simplement d’un cadeau magnifiquement emballé, ou même plutôt d’un double cadeau, car le foulard ou tissu d’emballage est aussi joli en soi. Surtout si, comme moi, vous travaillez avec des furoshiki du Japon. »

« Vous avez simplement besoin de maîtriser la technique et ensuite, vous réaliserez des paquets charmants, et ferez immédiatement apparaître un sourire sur le visage de leur destinataire. Peut-être le ferez-vous uniquement pour cette raison ? En tout cas, moi, je ne peux plus m’en passer ! »

Newsletter Toyota : Origata est la technique japonaise de pliage du papier (ou tissu) d’emballage, modiste Lydie Valcke nous explique.

Un peu de Japon dans un paquet sous le sapin
Vous êtes encore à la recherche d’un cadeau japonais original et authentique ? Jetez donc un œil à ces sites :

- Tissu cadeau pour furoshiki : www.japonmania.com
- Chaussures enveloppantes Vibram Furoshiki : https://eu.vibram.com/en/shop/furoshiki/
- Saké : www.hetanker.be/fr/shirayuki-vintage
- Umeshu (vin de prune) :  www.sakepassion.be
- Théières en céramique et bols japonais  :  www.kyotoboutique.fr/fr/


Livre : The Art of Wrapping
Lannoo
2002
144 p.
publié en 5 langues.
www.fr.fnac.be/a1380858/Louis-Valcke-The-art-of-wrapping

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