MA TOYOTA & MOI

Toyota Corona et Toyota Crown : des moteurs construits pour durer

Cette année, Toyota Belgique célèbre son cinquantième anniversaire. Raf Evers (48 ans) possède l’une des toutes premières Toyota enregistrées dans le pays. Nous sommes allés l’admirer, et en avons profité pour écouter aussi l’histoire de sa deuxième voiture ancêtre.

Une épave à la casse

Il s’agit d’une Corona 1500 sedan bleue (1966) de la troisième génération – mais la première à avoir été vendue en Belgique – avec un intérieur bleu clair. « Je l’ai trouvée en 1990, c’était une épave à la casse », raconte laconiquement Evers, informaticien freelance dans le secteur bancaire.

« Elle s’était retrouvée là après le décès de son deuxième propriétaire. Elle n’avait pas bougé depuis vingt ans. Mais ce n’est pas un problème pour ces moteurs. Nettoyez le carburateur, branchez une batterie, allumez le contact et en un petit quart d’heure, vous êtes parti. » Inchcape, la multinationale au-dessus de Toyota Belgique, était sa première propriétaire.

Rare et sensible à la rouille

« La voiture s’est avérée être l’une des huit premières Toyota à avoir été introduites en Belgique. Elles ont été enregistrées à peu près en même temps dans le but de présenter la marque et chercher des concessionnaires. Toyota a reçu un accueil très sceptique. Ça venait du Japon ! Et les marques européennes leur faisaient beaucoup de publicité négative. Mais une fois qu’on roulait avec, on se rendait compte que c’étaient de bonnes voitures – qui rouillaient tout de même beaucoup, à l’époque. »

Les Toyota belges d’avant 1970 sont très rares. « Cette sensibilité à la rouille en est l’une des raisons, mais aussi le fait que beaucoup d’exemplaires aient été exportés en Afrique », explique Evers. « La Belgique était une plaque tournante de l’exportation. On en trouve davantage en Angleterre – il y avait moins d’exportations depuis ce pays, en raison de sa situation mais aussi de leur volant à droite, tout comme au Japon. »

Les jambes qui collent

C’était son premier projet de restauration. « Ça a duré quatre ans. J’ai fait un travail minutieux et ai dû beaucoup économiser pour ça. Je venais de me marier, j’avais acheté une maison – et j’ai bien failli subir un divorce rapide. L’intérieur seul m’est revenu à plus de 100 000 francs (2 500 euros, ndlr). » Il ouvre la portière et nous montre les sièges jadis rénovés en skaï – « du faux cuir, du plastique en fait. » Des souvenirs lui reviennent immédiatement de jambes nues qui collaient au siège lorsqu’il faisait chaud.

« Si la voiture restait longtemps au soleil, le skaï ramollissait et pouvait se déchirer si on s’asseyait trop vite », plaisante Evers. « J’ai fait coudre des pièces de jute à l’intérieur pour la solidité. Je les ai aussi fait rembourrer avec de l’herbe. Après avoir longtemps cherché, j’ai finalement trouvé un tapissier garnisseur pour s’en occuper. C’était vraiment de la folie. Mieux vaut ne pas demander avant combien ça va coûter. »

« La carrosserie n’a pas de mastic et a été repeinte à neuf, et on lui a appliqué une couche supplémentaire de vernis, d’où sa jolie couleur bleu foncé. Le bloc moteur est d’origine, il n’a même jamais été ouvert pour révision. La voiture consomme six ou sept litres. Elle fonctionne encore très bien. Au cours des 22 dernières années, je n’ai même pas roulé 5 000 kilomètres avec. Pour moi, il s’agit surtout de la conserver. »

Des histoires au contrôle technique

Raf Evers souligne encore quelques détails, comme le double klaxon « corne de brume » de série et le rétroviseur sur le capot. « Visuellement, c’est cool, mais on n’y voit presque rien. Mais ce serait un crime d’installer un rétroviseur moderne. Pareil pour une radio. Parce qu’il n’y en a jamais eu. Je ne l’envisagerais que si je trouvais un exemplaire original. Regardez, le petit volet de protection est encore attaché là où elle devrait aller. N’importe qui le jetterait, pas moi. Le chauffage était en option. Il a été installé ultérieurement. »

Cette voiture a une plaque d’immatriculation de véhicule ancêtre de l’époque où la lettre O (pour Oldtimer) n’était pas encore utilisée. « Je ne veux pas de grande plaque récente », déclare Evers. « Du coup, je dois lui faire passer un contrôle tous les ans. À chaque fois, il y a des histoires, comme des remarques sur la puissance insuffisante des freins. Et si les contrôleurs s’amusent à secouer les joints, cela me chagrine ! D’accord, même une voiture de cinquante ans doit être en état, mais je ne pense pas qu’il faille la contrôler selon les normes actuelles. »

Des copines de la même année

Evers possède également une Crown 1,9 litre couleur crème de la même année, avec l’indispensable sticker « My Toyota is fantastic » et l’ancien logo de la marque. « Elles sont copines », répond-il lorsque je remarque comment les bandes latérales chromées de la Crown reflètent le bleu de la Corona garée à côté. « La Crown était plus chère, elle est plus confortable à conduire. Toutefois la motorisation de ce modèle est moins belle. »

« Conduis-la »

« Elle a été restaurée dans les années 80. Il y a bien dix ans, je l’ai trouvée chez le concessionnaire Toyota Jef Segers à Wezemaal, sous une épaisse couche de poussière. « Conduis-la », m’a-t-il dit. J’ai entièrement remis la voiture en état et je l’ai enregistrée. Depuis lors, elle est dans mon garage et je la conduis sur quelques centaines de kilomètres par an. Jef l’aime bien aussi, il me la demande parfois pour une journée portes ouvertes. »

« Si ces moteurs ont de l’eau et de l’huile, ça leur suffit », explique Evers. « Ils sont construits pour durer cent ans. Il suffit de les entretenir de temps en temps. Je n’ai jamais besoin de bricoler dessus. En fait, on s’ennuie avec elles. » (rires)

« Mais, lors d’événements, je les emmène généralement sur une remorque. Car si j’ai un accident, ce sera problématique. Pour une Mercedes, une Coccinelle ou une MG, on trouve encore n’importe quelle pièce, mais pour ces voitures, c’est l’enfer. C’est dommage, mais compréhensible. Il n’y a presque plus d’exemplaires roulants. Il faut bien chercher en ligne, jusqu’au Japon. »

Une passion partagée

Nous remontons plus loin dans le temps. « Ma première voiture était une Starlet de 1981. Des années après l’avoir vendue, j’en ai cherché partout un autre exemplaire. J’en ai maintenant deux, en meilleur état, avec respectivement 15 000 et 20 000 kilomètres au compteur. »

« J’ai travaillé pour D'Ieteren pendant des années », nous confie-t-il encore. « J’avais deux Audi à l’époque. Elles m’ont tellement déçu que j’ai acheté mon premier Land Cruiser, qui m’a emmené de garage Volkswagen en garage Volkswagen. Comment ont-ils pu tolérer cela ? L’avantage est que je n’étais jamais en panne et donc toujours à l’heure. Cela fait maintenant vingt ans que des Land Cruisers sont mes voitures de tous les jours. L’actuel est de 2015. Ma femme a une nouvelle Yaris. Mon fils et ma fille ont tous les deux une Corolla de 2001. »

Une collection de prospectus

Pourquoi Evers a-t-il craqué pour Toyota ? « Vous croyez vraiment que je peux l’expliquer ? Je n’en sais rien. Quand j’étais petit, en voyant le premier Land Cruiser, je n’ai plus voulu jouer avec aucune autre petite voiture. Les Toyota me plaisaient, tout simplement, avant même que mes parents et mon oncle en achètent une. Les casses étaient notre terrain de jeu ultime, nous allions y démonter des logos étant enfants. Et j’allais, en vélo, chercher des prospectus chez les concessionnaires Toyota du coin – comprenez plutôt : ça ne me dérangeait pas de faire trente kilomètres. »

Toyota Setsuna

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